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Entête du bulletin

Bulletin trimestriel

Numéro 12, juin 2019


Ce Bulletin du Système d’information maritime (SIM) présente un sommaire de l’activité maritime sur le Saint-Laurent et le Saguenay pour 2018. Le bulletin présente également des informations relatives au trafic de navires citernes sur le Saint-Laurent et les Grands Lacs en 2018.

Rappelons que le SIM dispose d’une interface web (www.statsmaritimes.com) sur laquelle se retrouvent les bulletins antérieurs de même que de nombreuses informations statistiques liées au domaine maritime. Les personnes intéressées peuvent, en ligne, souscrire à un des deux plans d’abonnement offerts par le SIM. L’abonnement permet l’accès à l’ensemble des bases de données et offre la possibilité aux usagers de faire des requêtes personnalisées. Tous les partenaires associés au projet SIM travaillent en ce moment à la préparation d’une seconde phase au projet qui devrait permettre d’enrichir davantage la plateforme web mise en place depuis 2017 pour l’industrie maritime.

Bonne lecture !

Nicole Trépanier, présidente-directrice générale
SODES

Sylvain Lafrance, directeur général
Innovation maritime


Dans ce numéro


Suivi de l’activité maritime

L’année 2018 montre un bilan positif quant au tonnage total manutentionné dans les 5 APC du Québec. Avec un total de 95 192 103 tonnes, il s’agit d’une hausse de 13 % par rapport à la moyenne des 5 dernières années (84 591 222 tonnes). Comparativement à la saison 2017 (91 068 751 tonnes), 2018 présente une augmentation du tonnage manutentionné de 4 %.

Les premiers mois de 2019 montrent aussi une croissance intéressante. Avec un total de 26 297 668 tonnes pour les 4 premiers mois de 2019, il s’agit d’une majoration de plus de 2 millions de tonnes (+ 9 %) par rapport aux 4 premiers mois de 2018.

Figure 1 - Tonnages mensuels manutentionnés dans les 5 APC du Québec1

(Milliers de tonnes)

Sources : APC, IMAR

Avec un total de 13 890 117 tonnes manutentionnées, les marchandises conteneurisées terminent l’année 2018 en progression de 12 % par rapport à la moyenne des 5 dernières années et en hausse de 5 % par rapport à 2017 (13 187 747 tonnes). Les marchandises conteneurisées ont représenté 15 % du tonnage manutentionné par les 5 APC du Québec en 2018.

Le vrac solide, pour sa part, a représenté 50 % du tonnage manutentionné en 2018. Avec un total de 47 661 113 tonnes, cette catégorie de marchandise montre une progression de 10 % par rapport à la moyenne de 2013 à 2017 (43 503 010 tonnes) et dépasse le total de 2017 (46 235 279 tonnes) de 3 %. Le vrac liquide a constitué le tiers de tout le tonnage manutentionné dans les APC du Québec en 2018 (33 %) pour un total de 31 819 602 tonnes. Ce total représente une majoration de 23 % par rapport à la moyenne des 5 dernières années (25 774 851 tonnes) et dépasse le total de 2017 (30 076 796 tonnes) de 6 %.

Figure 2 - Distribution du tonnage total par classe de marchandises pour les cinq APC du Québec, 2018

(Milliers de tonnes)
ConteneuriséesMarchandises généralesVrac liquideVrac solide

Sources : APC, IMAR

Pour 2018, les marchandises générales ont représenté 2 % du tonnage manutentionné dans les 5 APC du Québec. Avec un total de 1 821 271 tonnes manutentionnées, ce type de marchandise termine l’année avec une majoration de 16 % par rapport à 2017 (1 568 928 tonnes). Ce bon résultat n’excède cependant pas la moyenne générale de 2013 à 2017 (2 927 005 tonnes).

Pour les quatre premiers mois de 2019, les divers types de marchandises affichent tous un bilan positif comparativement à la même période en 2018. La variation la plus importante, en termes de tonnage manutentionné, s’observe au niveau du vrac solide, avec 1 067 147 tonnes de plus qu’en 2018 (majoration de 11 %). Les marchandises conteneurisées montrent une majoration de 540 557 tonnes (12 %), tandis que le vrac liquide manutentionné dans les premiers mois de 2019 montre une majoration de 4 % (397 091 tonnes de plus qu’en 2018 pour la même période). Les marchandises générales montrent une augmentation du tonnage manutentionné de 96 771 tonnes de plus en 2019 entre janvier et avril, soit une variation de 25 % comparativement au tonnage manutentionné dans les 4 premiers mois de 2018 (383 638 tonnes en 2018 vs 480 409 tonnes en 2019).

Portrait sommaire du trafic de navires-citernes sur le Saint-Laurent et les Grand Lacs en 2018

En 2018, 2 160 escales furent effectuées par des navires-citernes dans des ports canadiens situés sur les Grands Lacs et le Saint-Laurent.

La répartition mensuelle des escales est liée à la saison d’opération de la Voie maritime du Saint-Laurent. En 2018, celle-ci a été ouverte du 29 mars au 20 décembre, ce qui explique le plus faible nombre d’escales durant les mois de janvier, février et mars. Quoique le trafic à ce moment soit plus limité à la fois sur les Grands Lacs et le Saint-Laurent, l’importance relative des grands navires influence positivement le port en lourd moyen des navires-citernes actifs dans la zone à l’étude. Avec la reprise des activités dans la Voie maritime au printemps et le retour de plus petits navires-citernes opérant entre le fleuve et les Grands Lacs, le port en lourd moyen des navires-citernes diminue pour se situer entre 25 et 30 milles tonnes (Figure 3).

Figure 3 - Évolution du nombre d’escales et du port en lourd moyen des navires-citernes ayant visité les ports canadiens du Québec et des Grands Lacs en 2018

Sources : Innav, IMAR

Les escales de navires-citernes dans les ports canadiens sont le fait à la fois de la flotte domestique et de la flotte internationale. Tant pour les transits à destination des ports sur les Grands Lacs que ceux situés sur le Saint-Laurent, le transport de vrac liquide fait appel à ces deux flottes. Le schéma d’opération de celles-ci diffère cependant de façon notable.

La flotte internationale de navires-citernes n’est pas présente de façon continue dans la région des Grands Lacs, cela du fait de la fermeture saisonnière de la Voie maritime du Saint-Laurent. Cependant, dès son ouverture, la flotte internationale recommence à enregistrer des escales (2 en mars 2018) dans les ports canadiens des Grands Lacs. Le bilan mensuel montre par ailleurs une fluctuation des escales de navires-citernes étrangers dans les ports du Québec tout au long de l’année avec un ralentissement notable durant les trois premiers mois (Figure 4).

Figure 4 - Évolution mensuelle des escales de navires-citernes étrangers dans les ports canadiens du Québec et des Grands Lacs (2018)

(Nombre d'escales)
Ports canadiens sur les Grands LacsPorts au Québec

Sources : Innav, IMAR

Figure 5 - Évolution mensuelle des escales de navires-citernes domestiques dans les ports canadiens du Québec et des Grands Lacs (2018)

(Nombre d'escales)
Ports canadiens sur les Grands LacsPorts au Québec

Sources : Innav, IMAR

Pour sa part, la flotte domestique demeure active tout au long de l’année tant au Québec que du côté des Grands Lacs (Figure 5). En effet, même si la Voie maritime du Saint-Laurent cesse ses activités durant l’hiver, le transport maritime entre certains ports des Grands Lacs demeure possible et on note la présence de navires-citernes canadiens sur ces plans d’eau durant tout l’hiver. Dès la relance des opérations de la Voie maritime du Saint-Laurent, les activités de la flotte domestique montrent une augmentation du nombre d’escales dans les ports des Grands Lacs. Pour la saison 2018, on dénombre un total de 509 escales de navires-citernes domestiques dans des ports canadiens des Grands Lacs et 637 escales dans les ports du Québec.

Pour l’ensemble de la flotte de navires-citernes ayant fait au moins une escale en 2018 dans un port canadien des Grands Lacs ou du Québec, on dénombre, tous pavillons confondus, 313 navires au total. De ce nombre, 93 % battaient pavillon étranger (290 navires différents), contre 7 % (23 navires) battant pavillon canadien.

Sur les 290 navires étrangers, 67 avaient des dimensions permettant d’entrer dans la Voie maritime, soit 23 % de la flotte. À la différence des navires-citernes étrangers, la presque totalité (19 sur 23) des navires-citernes de la flotte domestique peut emprunter la Voie maritime du Saint-Laurent (dimensions maximales des navires : longueur 225,55 m et largeur 23,77 m).

Malgré son faible poids relatif dans la flotte totale, la flotte domestique de navires-citernes est la plus active dans les ports canadiens des Grands Lacs et du Québec. Avec 53 % des escales, elle affiche en 2018 une moyenne de près de 50 escales par navire, alors que celle de la flotte internationale est de 3,4 escales par navire.

Loi sur le cabotage et navires-citernes étrangers

Les données montrent qu’un bon nombre de navires-citernes étrangers sont actifs sur le Saint-Laurent et les Grands Lacs. Si la grande majorité des transits de ces navires ont pour origine un port situé hors du Canada, on observe aussi des cas de transits entre deux ports canadiens. Les voyages des navires peuvent, en fait, s’expliquer selon un des scénarios suivants :

  • Le navire effectue un repositionnement : Après avoir déchargé sa cargaison dans le premier port, le navire se dirige vers un autre port canadien afin d’y embarquer sa prochaine cargaison.
  • Chargement ou déchargement à escales multiples : le navire, par exemple, accoste au premier port canadien pour y débarquer une partie de la cargaison, puis se dirige vers le second port canadien pour terminer la livraison. Dans le cas d’un chargement, le processus est similaire : embarquement d’une partie du chargement au point A puis finalisation au point B.
  • Le navire transporte effectivement de la marchandise à partir d’un port canadien de départ vers un autre port canadien.

Dans ce dernier cas, il s’agit d’une opération de cabotage. Selon la loi régissant ce type d’activité, un navire étranger n’est pas autorisé à charger et décharger des marchandises entre deux ports canadiens, La Loi sur le cabotage prévoit cependant des exceptions. Celles-ci doivent faire l’objet d’une demande de licence auprès de l’Office des transports du Canada. Les licences peuvent couvrir un évènement (par exemple un transit spécifique) ou une période de temps. En 2018, 25 licences ont été recommandées par l’Office des transports pour des opérateurs présents sur les Grands Lacs et le Saint-Laurent (comparativement à 15 en 2017).

Figure 6 - Nombre d’escales des navires-citernes dans les ports canadiens des Grands Lacs et du Québec (2018)

(Nombre d'escales)

Sources : Innav, IMAR

Quelques caractéristiques des navires-citernes opérant sur le Saint-Laurent et les Grands Lacs

Parce qu’ils sont plus spécialisés, les navires-citernes de la flotte canadienne diffèrent de ceux de la flotte internationale. Les navires domestiques sont, dans une plus grande proportion que ceux de la flotte internationale, adaptés à la navigation dans les écluses de la Voie maritime du Saint-Laurent. Plus petits et moins nombreux, les navires canadiens sont aussi en moyenne un peu plus vieux que ceux de la flotte internationale.

Affectés principalement aux voyages océaniques, les navires-citernes de la flotte internationale présents en 2018 sur le Saint-Laurent comptent sur plusieurs unités de grande capacité qui rallient généralement le port de Québec. En 2018, 30 des 290 navires-citernes battant pavillon étranger indiquaient un port en lourd supérieur à 100 000 tonnes.

Tableau 1 - Éléments de comparaison entre les flottes domestique et internationale de navires-citernes (2018, avec escales dans un port du Québec ou des Grands Lacs)

Éléments Pavillon canadien Pavillons étrangers
Âge moyen 14 ans 9 ans
Plus vieux ESTA DESGAGNÉS (1992) MARILINE (1996)
Plus récent PAUL A. DESGAGNÉS (2018) HELLAS CALAFIA (2018)
Port en lourd moyen 24 856 tonnes 36 816 tonnes
Port en lourd minimum STERLING ENERGY (1 231 tonnes) IVER BRIGHT (6 265 tonnes)
Port en lourd maximum LAURENTIA DESGAGNÉS (74 940 tonnes) CAP THEODORA (159 400 tonnes)
PAUL A. DESGAGNÉS
HELLAS CALAFIA

  1. Cinq APC du Québec : Montréal, Québec, Trois-Rivières, Saguenay, Sept-Îles.