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Entête du bulletin

Bulletin trimestriel

Numéro 3, Janvier 2017


Afin de donner suite aux commentaires reçus de ses lecteurs, le Bulletin du Système d’information maritime contient désormais une section « Suivi de l’activité maritime ». Celle-ci présentera, à chaque numéro, une mise à jour portant soit sur le trafic maritime ou sur les volumes de marchandises ayant transité sur le Saint-Laurent et le Saguenay. Les lecteurs pourront ainsi avoir des informations actualisées sur ces sujets à chacun des numéros du Bulletin. Au-delà de cette section, nous continuerons à présenter à chaque parution des analyses plus détaillées touchant un thème d’intérêt.

Pour le présent numéro, nous présentons un portrait sommaire du trafic maritime entre les ports du Québec. Comme pour les bulletins précédents, les analyses ont été faites à partir de la banque de données INNAV et portent sur les mouvements des navires. Dans les prochains numéros, avec la collaboration des cinq administrations portuaires canadiennes du Québec, nous commencerons à fournir des informations relatives aux marchandises transitant sur le Saint-Laurent et le Saguenay.

Notons que les travaux relatifs à la mise en place de l’interface Web vont bon train. Cet outil, lorsqu’il sera prêt, vous permettra d’avoir accès « en direct » aux principales données touchant l’activité maritime. Nous visons à rendre accessible cette plateforme d’ici l’été 2017.

Bonne lecture !

Nicole Trépanier, présidente-directrice générale
SODES

Sylvain Lafrance, directeur général
Innovation maritime


Dans ce numéro


SUIVI DE L’ACTIVITÉ MARITIME

Depuis le début de l’année 2016, à l’exception des mois de février et mars, on observe que le nombre mensuel de mouvements de navires 1 est en deçà de la moyenne des cinq dernières années (2011 à 2015). La baisse totale du trafic maritime depuis le début de l’année est d’environ 7,5 % (en comparaison à la période 2011-2015).

Figure 1 - Trafic mensuel sur le Saint-Laurent et le Saguenay

(nombre de mouvements de navires)
Moyenne 2011-2015 2016

Sources : INNAV, Innovation maritime

Depuis le début de l’année 2016, à l’exception des mois de février et mars, on observe que le nombre mensuel de mouvements de navires est en deçà de la moyenne des cinq dernières années (2011 à 2015).

Malgré cette baisse relative du nombre de mouvements de navires, la capacité totale de transport des navires a peu diminué pour la même période. La montre l’évolution mensuelle du port en lourd 2 total des navires ayant visité le Saint-Laurent et le Saguenay depuis 2011. On note que la capacité totale de transport des navires entre janvier et août 2016 a été inférieure (-2,2 %) à celle des années précédentes (2011-2015).

Figure 2 - Capacité totale mensuelle des navires (en milliers de tonnes de port en lourd)

Moyenne 2011-2015 2016

Sources : INNAV, Innovation maritime

La baisse de la capacité totale de transport des navires est, de fait, moins prononcée que celle du nombre de visites. Ces données traduisent une hausse progressive de la taille moyenne des navires. Cette tendance, qui se confirme en 2016, avait été mise en évidence dans le Bulletin d’octobre 2016.


PORTRAIT SOMMAIRE DU TRAFIC INTERPORTUAIRE AU QUÉBEC

Sans surprise, c’est entre les ports de Québec et de Montréal qu’on observe, en moyenne, le plus de déplacements de navires canadiens (Tableau 1). Pour la période de 2006 à 2015, on note, en moyenne, 196 déplacements par année entre ces deux ports. Ils comptent pour environ 20 % du nombre total de déplacements des navires canadiens entre les ports du Saint-Laurent et du Saguenay. Les mouvements de navires entre Sorel et Havre-Saint-Pierre sont également importants (en moyenne, 97 déplacements/an). Ces déplacements sont principalement réalisés par des vraquiers transportant du minerai de fer entre la mine de Havre-Saint-Pierre et une aciérie à Sorel.

Tableau 1 - Matrice du nombre de déplacements des navires canadiens entre des ports du Saint-Laurent et du Saguenay (moyenne entre 2006 et 2015)

Destinations
Havre St-Pierre
Montréal / Contrecoeur
Port-Cartier
Québec
Rimouski
Saguenay
Sept-Iles
Sorel
Trois-Rivières
Valleyfield
Autres Ports
Total
Origines
Havre Saint-Pierre 0.7 0.2 0.3 54.1 0.1 0.5 55.9
Montréal/Contrecoeur 1.8 24.1 92 0.7 3.3 12 5.2 7.1 3.1 52 201.3
Port-Cartier 2.4 31 3.7 12.3 1.4 0.2 0.2 8.8 60
Québec 3.3 103.7 37.8 22.4 1.3 26.4 9.6 5.9 0.2 29 239.6
Rimouski 0.1 2.9 19.3 0.5 0.3 1.5 24.6
Saguenay 0.2 1 0.2 2 2.3 0.2 3.9 9.8
Sept-Iles 0.8 11 3.8 4.5 0.3 0.8 0.7 0.1 7.3 29.3
Sorel 42.7 3.1 3.8 6.3 0.3 3.7 1 7.5 68.4
Trois-Rivières 0.6 5.4 4.6 11.1 2.4 1.4 0.2 7.8 33.5
Valleyfield 2.9 0.2 0.6 0.2 0.8 0.3 0.1 5.9 11
Autres ports 3.6 57.2 31.9 44.7 1.2 4.2 29.9 3.3 8.7 1.7 45.3 231.7
Total 55.5 218.9 106.6 184.2 24.6 9.3 88.3 78.4 24.3 5.5 169.5 965.1

Sources : INNAV, Innovation maritime

Sans surprise, c’est entre les ports de Québec et de Montréal qu’on observe, en moyenne, le plus de déplacements de navires canadiens (Tableau 1).

On observe également plusieurs déplacements de navires en provenance de Québec vers Port-Cartier (en moyenne, 37,8 déplacements/an) et vers Sept-Îles (en moyenne, 26,4 déplacements/an). Dans les deux cas, plus de 40 % des voyages sont réalisés par des vraquiers qui quittent les installations de Beauport. De 16 à 30 % de ces voyages concernent aussi des pétroliers au départ de Saint-Romuald vers ces deux ports et servent, notamment, à approvisionner les entreprises minières en carburant. Il est intéressant de noter qu’il n’y a pas autant de voyages en partance de ces ports nord-côtiers vers Québec (en moyenne, 3,7 et 4,5 déplacements/an respectivement). On en déduit que la majorité des vraquiers canadiens partant de Québec vers ces ports de la Côte-Nord se repositionnent 3 dans le but de transporter du minerai de fer. Il en va de même pour les déplacements entre Port-Cartier et Sept-Îles. La majorité des navires effectuant ces trajets sont des vraquiers qui doivent se repositionner afin de charger un autre cargo.

Plusieurs déplacements se font entre Port-Cartier et Contrecoeur (en moyenne, 26,4 déplacements par an). Ces voyages sont le fait de vraquiers canadiens transportant du minerai de fer pour alimenter une aciérie.

Le nombre de déplacements de navires étrangers représente environ 40 % du total des déplacements entre les ports du Saint-Laurent et du Saguenay.

Une vingtaine de voyages annuels aller/retour se fait également entre Québec et Rimouski. Ces déplacements servent essentiellement au transport maritime d’hydrocarbures. À ce sujet, il est à noter que les installations d’entreposage d’hydrocarbures situées à Rimouski sont les dernières au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie à être utilisées pour la distribution locale de produits pétroliers. Les installations de Matane et de Gaspé sont toujours en place, mais sont utilisées principalement pour l’entreposage temporaire et non pour la distribution locale.

Les navires étrangers se déplacent également entre les ports du Saint-Laurent et du Saguenay. Ils totalisent, en moyenne, 683 déplacements par an entre 2006 et 2015. Le nombre de déplacements de navires étrangers représente environ 40 % du total des déplacements entre les ports du Saint-Laurent et du Saguenay. Rappelons qu’en vertu de la Loi sur le Cabotage, les navires étrangers ne peuvent pas charger/décharger de la marchandise entre deux ports du Canada. Toutefois, ils peuvent par exemple compléter leur chargement dans différents ports du Saint-Laurent et du Saguenay lors d’un transit vers l’Europe. Les navires de croisières étrangers peuvent, quant à eux, faire des escales dans différents ports du Québec.

Tableau 2 - Matrice du nombre de déplacements des navires étrangers entre des ports du Saint-Laurent et du Saguenay (moyenne entre 2006 et 2015)

Destinations
Havre St-Pierre
Montréal / Contrecoeur
Port-Cartier
Québec
Rimouski
Saguenay
Sept-Iles
Sorel
Trois-Rivières
Valleyfield
Autres Ports
Total
Origines
Havre Saint-Pierre 0.7 0.2 0.5 0.2 0.5 14.1 0.1 1.2 16.8
Montréal/Contrecoeur 0.4 12.0 71.5 0.1 1.4 1.9 12.3 5.4 3.7 27.4 136.1
Port-Cartier 1.2 5.3 1.0 0.4 5.3 0.7 0.2 2.1 16.2
Québec 1.0 90.0 7.1 0.7 6.2 7.8 5.0 5.6 0.7 15.7 139.8
Rimouski 0.2 0.7 0.1 0.9 1.9
Saguenay 1.1 6.8 19.7 16.6 0.2 18.4 4.0 6.3 0.4 15.9 89.4
Sept-Iles 0.5 4.6 3.9 7.0 2.3 2.7 2.3 9.2 32.5
Sorel 12.5 11.3 9.7 16.2 0.3 0.9 2.4 0.4 4.1 57.8
Trois-Rivières 0.3 11.6 2.9 8.2 0.9 1.5 7.6 0.9 16.8 50.7
Valleyfield 1.8 0.3 0.9 0.6 0.1 0.6 0.3 3.6 8.2
Autres ports 0.9 21.1 8.3 23.1 0.9 6.1 6.3 12.4 12.7 1.3 40.3 133.4
Total 17.9 152.7 64.1 145.7 1.9 18.5 42.7 59.4 35.3 7.4 137.2 682.8

Sources : INNAV, Innovation maritime

Tout comme pour les navires canadiens, les navires étrangers se déplacent principalement entre les ports de Québec et Montréal (en moyenne, 162 déplacements par an). Ces déplacements se font essentiellement, en ordre décroissant, par des navires-citernes, des navires de croisières et des vraquiers. Plusieurs des voyages de vraquiers internationaux de Montréal vers Québec se font entre les terminaux de grains.

Au-delà des navires marchands, notons que les navires de croisières se déplacent également entre plusieurs ports du Saint-Laurent et du Saguenay. Ils représentent en moyenne, depuis 2006, 13 % des déplacements annuels interportuaires laurentiens de navires étrangers.

On observe également plusieurs déplacements à partir du Saguenay vers Port-Cartier (en moyenne, 20 déplacements par an), Québec (en moyenne, 17 déplacements par an) et Sept-Îles (en moyenne, 18 déplacements par an). Ceux-ci sont effectués essentiellement par des vraquiers étrangers déchargeant des matériaux pour les alumineries du Saguenay qui se repositionnent vers d’autres ports laurentiens pour charger différents minerais et repartir vers d’autres destinations à l’international. Une dynamique similaire se produit avec le port de Sorel. En effet, des vraquiers étrangers se repositionnent vers les ports de Havre-Saint-Pierre (en moyenne, 13 déplacements par an), de Montréal/Contrecoeur (en moyenne, 11 déplacements par an), de Port-Cartier (en moyenne, 10 déplacements par an) et de Québec (en moyenne, 16 déplacements par an).

Les vraquiers génèrent environ 50 % du trafic interportuaire attribué aux navires étrangers sur le Saint-Laurent et le Saguenay avec une moyenne de 340 déplacements par an (entre 2006 et 2015). Les navires-citernes étrangers effectuent quant à eux, en moyenne, environ 140 déplacements par année entre les ports du Saint-Laurent et du Saguenay. De ces déplacements, 60 % se font entre les ports de Québec et de Montréal. Pour leur part, les cargos généraux étrangers effectuent en moyenne une centaine de déplacements annuels entre les ports du Saint-Laurent et du Saguenay. Contrairement aux navires-citernes, les déplacements de ces navires ne sont pas concentrés sur certains ports.

Au-delà des navires marchands, notons que les navires de croisières se déplacent également entre plusieurs ports du Saint-Laurent et du Saguenay. Ils représentent en moyenne, depuis 2006, 13 % des déplacements annuels interportuaires laurentiens de navires étrangers. De ces déplacements, 55 % se font entre Québec et Montréal. Cela montre qu’une part importante des forfaits croisières sur le Saint-Laurent et le Saguenay cible les villes de Montréal et de Québec. Bien qu’ils ne représentent que 13 % des déplacements de navires étrangers, la très grande majorité de ces déplacements s’effectue aux mois de septembre et d’octobre (en moyenne, 33 % et 40 % respectivement).

À surveiller dans le prochain bulletin :

  • Un portrait des marchandises transitant sur le Saint-Laurent et le Saguenay


  1. Comme pour les numéros précédents du Bulletin d’information maritime, les analyses portent spécifiquement sur les navires marchands (cargo général, navire-citerne, navire Ro/Ro, porte-conteneurs, vraquier) et les navires de croisière. Se référer au Bulletin no 1 (juin 2016) pour des précisions concernant la méthodologie.
  2. Le port en lourd d’un navire représente le chargement maximum qu’il peut emporter; il est égal au déplacement en charge (poids total du navire chargé au maximum) moins son déplacement lège (poids total du navire lège c’est-à-dire sans cargaison ni approvisionnements).
  3. On entend par repositionnement de navire le fait de quitter un port, sans chargement supplémentaire, vers un autre port où le navire sera cette fois chargé avant de quitter vers une nouvelle destination.